Morris et Goscinny ont de quoi être fiers, l'adaptation de leur cowboy préféré est plutôt réussie. Dès les premières images, l'univers de Lucky Luke est là, planté au milieu du désert argentin. Ciel bleu sans un nuage, sable, cactus et maisons en bois, tout le décor de la bande dessinée est recréée à l'identique. Et si les images léchées plongent tout de suite le spectateur dans l'univers du cowboy, la plupart des personnages n'en font pas moins.

Jean Dujardin a su se mettre dans la peau du héros, sans en faire trop, et avec une certaine justesse. Daniel Prévost est quant à lui plutôt convaincant en Pat Poker, personnage sadique et méchant, bien loin des rôles qu'il se plait à jouer habituellement. Mais les deux meilleures interprétations reviennent sans hésitation à Sylvie Testud, en Calimity Jane particulièrement bourrue, totalement à l'opposé de Sagan, et à Jean-François Balmer, enfin sorti de ses téléfilms, pour interpréter un Cooper doux et méchant. Le casting n'est cependant pas parfait. Si Michael Young, en Billy The Kid ridicule, réduit grandement la qualité du jeu des autres acteurs par la lourdeur de son interprétation, il en est de même d'Alexandra Lamy, bien peu convaincante en Belle manipulée.

Heureusement, les dialogues créés pas James Huth, Jean Dujardin et Sonja Shillito sont plutôt réussis. Si les gags ne sont pas toujours hilarants, les dialogues rééquilibrent le tout. Les interventions de Bruno Salomone en Jolly Jumper décapant sont particulièrement drôles. Mais certains passages, voulus comiques, tombent à plat par leur lourdeur, ou leur longueur. C'est le cas de la séquence passée dans le casino de Pat Poker, qui, en passant outre un très beau décor, en viendrait presque à endormir le spectateur, plus vite que son ombre.