Comme chaque année, ils sont donc très nombreux, un peu partout dans le monde à avoir repris leur plume pour la nouvelle édition du National Novel Writing Month. Créée il y a dix ans par Chris Baty, journaliste et écrivain américain, la manifestation ne comptait alors que 21 participants. Et si leur nombre s’est fortement multiplié jusqu’à s’étendre sur d’autres continents, le concept est resté le même : écrire un roman d’au moins 50 000 mots en à peine 30 jours.
Ils sont donc des milliers à participer tout autour du monde. Parmi eux : 900 Français sont recensés. Ceux-ci espèrent faire mieux que la 39° place de leur pays en 2008. Car les wrimos –comme ils se nomment eux-mêmes – ne sont pas insensibles aux défis. En plus de celui, presque irréalisable, d’écrire 1666 mots chaque jour de novembre, ils ajoutent des enjeux, partagent, et se réunissent même pour écrire.
Dans quel but ? Rien de plus que se forcer à s’abandonner à l’écriture durant un mois entier. Les excuses ne comptent plus, le surplus de travail n’est pas un argument : une fois lancé, il faut continuer. Bien sûr, il y a des gagnants. Celui qui atteint les 50 000 mots, quelle qu’en soit leur qualité, est automatiquement récompensé. Mais pas de trophée à exhiber. La fierté d’avoir réussi est le principal cadeau qu’offre le Nanowrimo. Suivent quelques images à exposer, un diplôme, et parfois la possibilité de recevoir un livre issu de son texte.
Ce n’est pas l’arrivée qui compte, mais le chemin. Et celui-ci est rempli d’embuches. Les mails que les wrimos reçoivent durant le mois de novembre les préviennent : d’autres sont passés par là avant, et d’autres souffrent des mêmes problèmes au même moment. C’est d’ailleurs la magie du concept. L’exercice est difficile mais se partage d’autant plus. Et même si aucun texte n’est partagé – surtout sur le site, l’affirmation de l’objectif atteint reposant sur la confiance – , l’expérience est bien réelle et l’auteur semble soudain appartenir à une grande communauté.
Et Internet ne s’y trompe pas, regroupant tout une série de nouveaux défis pour les amateurs d’écriture. Ainsi, les Nuits d’écriture lancées par Gabrielle proposent de poser 10 000 mots en une nuit, alors que la Constance du jardinier vise la régularité : 500 mots par jour, au minimum, et aucune exception à la règle admise.