L'histoire se passe dans un petit village allemand, juste avant la première guerre mondiale. Un village du début de 20ème siècle, régit par les classes sociales. Un village où tout le monde se connait : du baron arrogant à l'agriculteur, père d'une famille nombreuse, en passant par le sévère pasteur, et l'instituteur un peu niais.
C'est d'ailleurs ce dernier qui nous raconte, des années après, l'histoire de ce village et des événements étranges qui s'y sont passés : l'accident du médecin, les blessures infligées au fils du baron, etc..; et les doutes qui commencent à entourer certains personnages.
Avec réalisme, Haneke arrive à nous transporter dans ce monde, où l'action des protagonistes tend à nous démontrer l'origine du nazisme. Alors que le film est en noir et blanc; « la couleur de la mémoire » selon le réalisateur; l'esthétisme de l'image est incroyable. Et cela grâce, notamment, aux longues séquences, très poche des courts métrages, qui racontent par « bloc » les histoires individuelles des personnages. Les scènes, parfois très pauvres en parole, ne cessent de frôler l'ennuie, sans jamais y parvenir.
A noter l'impressionnante performance des jeunes acteurs, éblouissant tout au long du film.
Seule fausse note : la fin, qui nous laisse...sur notre faim. Michael Haneke a voulu nous laisser choisir la morale de l'histoire, alors que nous n'avions qu'une envie...qu'on nous la montre.
Gaëlle Gres